Gros plan sur les avoirs de retraite privés
Les Québécois ont un penchant pour les avoirs de retraite privés. Est-ce une tendance qui s'accentue ou s'estompe? Après un bref portrait de la situation en 2005, examinons ce qui s'est passé au Québec entre 1999 et 2005. Nous verrons ensuite comment les Québécois se comparent aux autres Canadiens.
La situation au Québec en 2005
En 2005, les avoirs de retraite privés des Québécois sont composés à 72 % de prestations de retraite « gagnées » par la participation à un régime de retraite d'employeur (RRE). Le reste est principalement détenu dans des régimes enregistrés d'épargne-retraite (REER) et des comptes de retraite immobilisés (CRI).
Le nombre d'unités familiales disposant d'avoirs de retraite privés croît généralement avec l'âge. Un peu plus de la moitié des moins de 35 ans ont cumulé ce type d'avoirs. Ceux-ci s'élèvent en moyenne à 21 265 $. Les avoirs moyens grimpent à 93 346 $ chez les 35-49 ans, dont plus des trois quarts ont des avoirs de retraite privés. Ils passent ensuite à 282 527 $ chez les 50-59 ans, pour redescendre à 265 059 $ dans le groupe des 60 ans et plus. La proportion des unités familiales ayant des avoirs de retraite privés est respectivement de 82 % et de 70 % dans ces deux groupes d'âge. La baisse s'explique par le fait que bon nombre de personnes plus âgées auraient déjà commencé à décaisser leurs avoirs.
Les écarts entre les moyennes et les médianes indiquent qu'il y a une disparité entre les bien nantis et ceux qui le sont moins.
Qu'est-ce qui a changé au Québec entre 1999 et 2005?
Les avoirs de retraite privés occupent une plus large part des avoirs totaux en 2005 qu'en 1999. En effet, cette part est passée de 33,6 % à 36,1 %. La répartition des avoirs de retraite privés a également évolué. La part des RRE a augmenté au détriment des REER, des CRI et des fonds enregistrés de revenus de retraite (FERR). En termes absolus, les RRE ont grimpé de 57 %, comparativement à 9 % pour les REER, CRI et FERR combinés.
Le pourcentage d'unités familiales ayant des avoirs de retraite privés a peu varié entre 1999 et 2005, sauf chez les 60 ans et plus où l'on note une augmentation. Quant aux avoirs de retraite moyens, ils ont augmenté dans toutes les catégories d'âge, sauf celle des moins de 35 ans. Comme la proportion de jeunes qui cotisent n'a pas varié, on peut penser qu'ils cotisent moins ou commencent à cotiser plus tard.
La disparité entre les riches et les pauvres s'est accentuée au cours de la période visée, plus particulièrement chez les 60 ans et plus où l'écart entre les avoirs de retraite moyens et les avoirs de retraite médians est passé du simple au double.
Les Québécois comparés aux autres Canadiens en 2005
Une première constatation s'impose : les Québécois sont sous-représentés dans les avoirs de retraite totaux des Canadiens par rapport à leur poids démographique. En effet, les Québécois comptent pour le quart des unités familiales, mais possèdent 23,6 % des avoirs de retraite privés de l'ensemble des Canadiens.
Également, les Québécois ont des revenus moyens inférieurs à ceux des Canadiens hors Québec, ce qui expliquerait en bonne partie qu'ils aient des montants d'avoirs de retraite moyens inférieurs à ceux des autres Canadiens.
La popularité des REER, CRI et FERR est moins importante au Québec qu'ailleurs au Canada. La tendance s'inverse pour les RRE.
Le pourcentage d'unités familiales ayant des avoirs de retraite privés est très semblable au Québec et dans le reste du Canada pour presque tous les groupes d'âge. Seuls les 60 ans et plus se démarquent avec une différence de 7 % en faveur des unités familiales hors Québec. C'est donc dire que les Québécois plus âgés sont moins sensibles au fait d'avoir des outils d'épargne spécifiques pour la retraite.
En résumé
Les Québécois ont une plus grande part de leurs avoirs dans des régimes de retraite d'employeur que les autres Canadiens. Cela n'est toutefois pas suffisant pour compenser les avoirs inférieurs dans d'autres types de véhicules privés comme les avoirs non financiers et les capitaux propres dans une entreprise. Par contre, les revenus des Québécois inférieurs à ceux du reste du Canada peuvent expliquer une partie de cet écart dans les avoirs totaux.
Par ailleurs, les jeunes de moins de 35 ans ont perdu du terrain entre 1999 et 2005, ce qui devrait susciter une réflexion quant à la sensibilisation faite auprès de cette clientèle.