Édition du 12 avril 2012

Les conséquences de la crise financière de 2008 et de la récession qui a suivi

La plus récente crise financière de septembre 2008 s'est traduite par une chute des cours des marchés boursiers et la faillite de plusieurs établissements financiers. Elle a également provoqué une récession économique. Or, cette crise financière de même que la récession économique qui en a découlé et qui a touché l'ensemble de la planète n'ont pas affecté les régimes de retraite de la même façon. Voici donc l'effet de chacune des deux situations sur les régimes de retraite.

Les répercussions de la crise financière
La chute boursière a entraîné une baisse considérable de la valeur des actifs 1 accumulés dans les régimes de retraite. Par exemple, l'actif du Régime de rentes du Québec est passé de 34,7 milliards de dollars en 2007 à 25,7 milliards de dollars en 2008. Au 31 décembre 2011, il était de 34,5 milliards de dollars.

La crise a également eu un effet sur les passifs des régimes. Elle a fait diminuer les taux d'intérêt sur les obligations de long terme, entraînant une augmentation de ces passifs 2. Une chute des actifs s'est ajoutée au phénomène et a fait diminuer considérablement le degré de solvabilité des régimes 3.

Au Québec, le degré de solvabilité médian des régimes privés de retraite sous la surveillance de la Régie des rentes du Québec est passé de 98 % à 70 % en 2008. Cela a incité l'Assemblée nationale du Québec à convenir, en 2009, de certaines mesures législatives pour atténuer les effets de la crise financière sur ces régimes.

Les répercussions de la récession économique
La récession économique a surtout fait du tort aux régimes de retraite financés par répartition dite « pure ». C'est donc le cas de bien des régimes publics.

Dans ces régimes, pour une année donnée, les prestations versées doivent être égales aux cotisations perçues. Ainsi, les pertes d'emplois représentent des pertes de cotisants qui auraient potentiellement contribué à financer le régime. De surcroît, plus la durée de la période de chômage est longue, plus les conséquences sur les régimes de retraite sont importantes.

Au Québec, la récession a entraîné la perte de quelque 30 000 emplois en 2009. Toutefois, on ne peut pas quantifier, en pertes d'actifs, l'incidence d'une récession économique sur un régime de retraite financé par répartition « pure », puisqu'il n'y a pas d'actif accumulé dans ce type de régime.

Pour en savoir davantage sur l'effet mondial de la crise et de la récession, consultez l'Évaluation du système québécois de sécurité financière à la retraite par rapport à celui d'autres pays industrialisés .

  1. On définit l'actif d'un régime de retraite comme son avoir, alors que le passif est l'ensemble des dettes et engagements du régime (donc, le coût des prestations payables dans le futur).
  2. Une baisse des taux d'intérêt a pour effet d'augmenter le coût des prestations futures du régime de retraite. Plus ce coût augmente, plus le montant du passif du régime s'accroit également.
  3. On mesure le degré de solvabilité d'un régime de retraite en divisant la valeur de son actif par la valeur de son passif. Un ratio inférieur à 100 % signifie que le régime est en déficit; un ratio supérieur à 100 % indique un régime en surplus.