Réflexions de nos experts

Voyez ce que pensent nos experts sur plusieurs sujets concernant la planification financière de la retraite.

Une personne qui a 35 ans aujourd'hui vivra 6 ans de plus que son grand-père. Est-ce que ce sera 6 années de plus à la retraite? Difficile à dire...

Une question se pose : cette personne devrait-elle épargner plus ou retarder sa retraite?

Comparons le cas de cette personne (M. X) à celui de son grand-père
Son grand-père a épargné 3 000 $ par année pour sa retraite qu'il voulait prendre à 60 ans. Comme M. X devrait vivre 6 ans de plus, il doit augmenter son épargne de 700 $ pour arriver à 3 700 $ par année. Il obtiendra ainsi le même revenu que son grand-père à sa retraite.Mais une somme de 700 $, c'est beaucoup!

M. X pourrait aussi retarder sa retraite d'une année. Ainsi, deux choses se produiraient :

  1. Sa rente de retraite du Régime de rentes du Québec serait plus élevée.
  2. Il profiterait d'une année de plus pour améliorer son épargne-retraite.

Donc, en prenant sa retraite à 61 ans, il pourrait obtenir le même revenu que son grand-père au même coût, soit 3 000 $ par année.

L'espérance de vie a beaucoup augmenté dans les 50 dernières années. Pensez-y! L'âge auquel vous prendrez votre retraite aura un effet important sur les sommes que vous devez épargner.

Faut-il favoriser l'épargne personnelle et mettre fin aux régimes de retraite d'employeurs? Cette question est sur le bout des lèvres d'à peu près tout le monde ces temps-ci, surtout chez ceux qui participent à un régime de retraite en difficulté. Pourtant, la réponse est sans équivoque : NON!

Il n'y a rien de mieux qu'un régime de retraite offert par son employeur!

C'est malheureux, mais la planification financière de la retraite n'a pas la cote. La plupart des Québécois ne savent pas combien d'argent il leur faudra pour la retraite. Planifient-ils à l'aveuglette? Épargnent-ils suffisamment?

Cotiser à un fonds de pension nous oblige à une épargne systématique. Et comme, dans la plupart des cas, l'employeur aussi y verse des cotisations, la somme épargnée augmente rapidement. De plus, l'épargne collective :

  • donne de meilleurs rendements que l'épargne personnelle
  • offre des avantages fiscaux immédiats, grâce aux retenues salariales
  • a des frais de gestion préférentiels.

Bien connaître son régime de retraite est essentiel, mais pas chose facile. N'empêche qu'il est toujours bon de savoir où va notre argent. Prenez le temps d'examiner votre relevé de droits. Ça vaut la peine, et vous pourriez être surpris! Vous aurez peut-être besoin d'épargne supplémentaire. Les régimes publics sont, pour la plupart d'entre nous, insuffisants pour maintenir notre niveau de vie à la retraite.

La retraite, tout le monde va y arriver. Aussi bien profiter de tous les véhicules d'épargne disponibles pour s'assurer une retraite confortable.

Le message que l'on répète continuellement : épargner tôt, c'est payant! Mais est-ce vraiment si payant d'épargner tôt pour la retraite?

Oh oui! Et c'est grâce à l'intérêt composé!

Plusieurs exemples démontrent l'effet de l'intérêt composé. En voici néanmoins un particulièrement convaincant.

Voici les cas de Stéphanie et de Frédéric.

Stéphanie épargne 1 000 $ par année, dès l'âge de 25 ans, et ce, pendant 10 ans. Elle cesse d'épargner à 35 ans, mais laisse les intérêts s'ajouter à son capital. Son investissement total est donc de 10 000 $.

Frédéric commence à 40 ans à épargner 1 000 $ par année pendant 25 ans. Son investissement total est donc de 25 000 $.

En supposant un rendement de 5 %, Stéphanie aura accumulé 7 000 $ de plus à 65 ans que Frédéric. C'est la magie de l'intérêt composé! Stupéfiant, non?

La planification financière de la retraite est loin dans les priorités de plusieurs. Il est évident que c'est un exercice qui demande un gros effort. Comme le diraient les gens du marketing, ce n'est pas un sujet très sexy! Si on ajoute à cela le faible taux de rendement, alors là, toutes les planètes sont alignées pour qu'on laisse tomber.

Et pourtant, les taux d'intérêt ne devraient pas être un frein à l'épargne. Il y a plus d'une façon d'épargner pour la retraite.

On ne le dit pas assez : il n'est pas obligatoire d'épargner dans un REER ou un CELI en vue de la retraite.  Toutefois, vous pourriez choisir d'investir dans l'immobilier ou en bourse. L'important, c'est d'épargner!

Vous cherchez la bonne recette? Chaque cas est différent! Mais chose certaine, même si les taux d'intérêt ne sont pas au rendez-vous aujourd'hui, mieux vaut accumuler du capital maintenant. Quand ils seront de retour, vous pourrez maximiser vos revenus de placement.

Pas facile de s'y retrouver en planification financière de la retraite. Voici les 5 conseils qui vous aideront à planifier votre retraite :    

  1. N'épargnez pas à l'aveuglette. Planifiez régulièrement avec SimulR ou un outil de votre choix, surtout si votre revenu ou vos projets de retraite changent.
  2. Pour illustrer mon prochain conseil, voici un exemple. De 25 ans à 35 ans, Stéphanie épargne 1 000 $ par année. Frédéric, quant à lui, commence à 40 ans et cesse à 65 ans d'épargner la même somme annuelle. Stéphanie a donc investi un total de 10 000 $ et Frédéric, 25 000 $. À 65 ans, Stéphanie aura malgré tout accumulé 7 000 $ de plus que Frédéric, et ce, grâce à l'effet de l'intérêt composé. Stupéfiant, non? Mon deuxième conseil est donc, vous l'aurez deviné : épargnez tôt!
  3. Quand vient le temps d'épargner pour la retraite, privilégiez les placements enregistrés. À long terme, les placements enregistrés, comme le REER et le CELI, rapportent plus, en raison des avantages fiscaux qui leur sont associés. De plus, il est moins tentant d'utiliser le capital amassé à l'intérieur du REER à d'autres fins que la retraite, puisque les retraits sont imposables. 
  4. Si vous faites partie des chanceux qui ont un régime privé de retraite, vérifiez ce à quoi vous aurez droit une fois à la retraite. Assurez-vous que les sommes provenant de votre régime seront suffisantes pour vous permettre de maintenir votre niveau de vie. Sinon, prévoyez une épargne supplémentaire. Lisez attentivement votre relevé de droits : c'est une mine de renseignements.
  5. N'oubliez pas l'inflation! L'augmentation de l'indice des prix à la consommation doit être prise en compte lorsque vous faites votre planification financière de la retraite. Un litre de lait coûtera plus cher dans 15 ans. La plupart des outils de planification financière en tiennent compte.

Et on ne le dira jamais assez : si planifier votre retraite vous rebute ou vous effraie, des spécialistes sont là pour vous aider. Vous consultez un médecin pour un malaise; pourquoi ne pas rencontrer un planificateur financier pour trouver un remède à vos finances?

Dans un rapport publié en 2010, le Groupe de travail sur la littératie financière du Canada proposait la définition suivante : « [...] la littératie financière est le fait de disposer des connaissances, des compétences et de la confiance en soi nécessaires pour prendre des décisions financières responsables. » Question Retraite, organisme à but non lucratif voué à la promotion de la sécurité financière à la retraite, a réalisé au cours des 10 dernières années de nombreux sondages qui permettent d'avoir une image plutôt sombre du degré de littératie financière chez les Québécois. Voyons ce qui en est en reprenant chacun des éléments de cette définition.


Les Québécois se pensent connaisseurs, et pourtant...

La connaissance est la pierre angulaire de la littératie financière. Il est pourtant difficile d'amener les gens à s'informer sur la planification de la retraite, plus particulièrement lorsqu'ils sont jeunes et que cette perspective leur semble encore loin. La difficulté est d'autant plus grande qu'une part importante de la population considère avoir suffisamment de connaissances en la matière. Et pourtant, les données suivantes contredisent souvent cette croyance. Ainsi :

  • 14 % des personnes de 25 ans et plus non retraitées sont incapables de nommer une source de revenu possible à la retraite. La source la plus souvent mentionnée, le régime enregistré d'épargne-retraite (REER), ne l'est que par 55 % des gens.
  • 45 % des travailleurs de 25 à 44 ans n'ont pas d'idée du montant qu'il leur faudrait épargner pour maintenir leur niveau de vie à la retraite.
  • 34 % seulement des travailleurs de 40 ans ou plus connaissent approximativement le revenu annuel dont ils pourront bénéficier à la retraite.

Les Québécois se disent peu compétents en matière de finances

Même s'ils pensent en savoir suffisamment sur la planification financière de la retraite, plusieurs Québécois ne se sentent pas suffisamment compétents en matière de finances. En effet, seulement 44 % des travailleurs de 25 ans ou plus croient avoir la compétence nécessaire pour planifier par eux-mêmes leur retraite. Et, sur l'ensemble des gens sondés, moins de la moitié disent avoir déjà consulté quelqu'un pour avoir des conseils.

Par ailleurs, les Québécois de 25 ans ou plus sont prêts à remettre entre les mains des autres leur responsabilité à l'égard de leur sécurité financière à la retraite. La moitié seulement considèrent être eux-mêmes les principaux responsables de leur sécurité financière à la retraite. Cette responsabilité est attribuée au gouvernement par 39 % des gens, et 11 % y voient plutôt une responsabilité de l'employeur.


Les parents, une source d'information importante

Les connaissances et la compétence devraient normalement contribuer à forger la confiance en soi, troisième élément de la définition de la littératie financière. Les sondages réalisés montrent cependant qu'un autre facteur peut avoir une grande importance : les parents. Ils sont en effet la première source d'influence sur le comportement futur en matière de finances. Dans les faits, si les spécialistes, conseillers, médias et autres sources d'information ont leur utilité pour guider les gens à prendre les bonnes décisions et à faire les bons choix, ce sont les parents qui, par leurs propres comportements, incitent leurs enfants à poser des gestes concrets en matière de planification financière. Pourtant, ils hésitent à parler finances avec leurs enfants. Un cinquième des travailleurs âgés de 25 ans à 64 ans affirment que leurs parents discutaient souvent devant eux de questions d'argent ou de finances personnelles. Malgré tout, pour 21 % des gens, ces conversations n'arrivaient qu'occasionnellement.

La situation semble toutefois évoluer dans la bonne direction : parmi les 55-64 ans, 43 % disent que leurs parents n'abordaient jamais de telles questions devant eux; cette proportion n'est que de 19 % chez les 25-34 ans.


Comportements à risques dus à une surévaluation des connaissances

Une proportion non négligeable de Québécois sont toujours inconscients des risques liés à certains comportements et semblent peu renseignés sur la réglementation en place destinée à protéger la population.

En effet, plus de 40 % des travailleurs de 25 à 64 ans considèrent moyennement ou peu risqué le fait d'investir par soi-même. Bien sûr, certaines personnes sont effectivement en mesure de le faire, mais les constats précédents sur les connaissances et les compétences sèment un doute sur ces capacités.

Devant une offre de rendement exceptionnellement élevé garanti sur un placement, plus de la moitié des gens disent qu'ils s'informeraient davantage sur cette offre et 1 % affirment qu'ils sauteraient sur l'occasion avant qu'elle ne s'envole. Si 1 %, ça semble peu, reporté sur près de 4 millions de travailleurs, c'est tout de même potentiellement 40 000 personnes flouées.


Constat : la sensibilisation à la planification financière de la retraite a sa place

Il reste donc difficile de faire adopter aux gens un comportement préventif en matière de planification financière. Le pourcentage de gens qui n'ont aucun objectif de revenu à la retraite stagne depuis 10 ans autour de 70 %. Moins de 40 % des travailleurs de 25 à 64 ans disent faire passer l'épargne en premier, pour ensuite dépenser ce qui reste, alors que 58 % font le contraire. Malgré tout, les Québécois restent majoritairement optimistes et confiants au sujet de leur retraite.

Les messages éducatifs ont donc toujours leur place auprès des Québécois, mais le grand défi consiste à trouver le moyen pour qu'ils soient écoutés.

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