Réflexions de nos experts

Voyez ce que pensent nos experts sur plusieurs sujets concernant la planification financière de la retraite.

Faut-il favoriser l'épargne personnelle et mettre fin aux régimes de retraite d'employeurs? Cette question est sur le bout des lèvres d'à peu près tout le monde ces temps-ci, surtout chez ceux qui participent à un régime de retraite en difficulté. Pourtant, la réponse est sans équivoque : NON!

Il n'y a rien de mieux qu'un régime de retraite offert par son employeur!

C'est malheureux, mais la planification financière de la retraite n'a pas la cote. La plupart des Québécois ne savent pas combien d'argent il leur faudra pour la retraite. Planifient-ils à l'aveuglette? Épargnent-ils suffisamment?

Cotiser à un fonds de pension nous oblige à une épargne systématique. Et comme, dans la plupart des cas, l'employeur aussi y verse des cotisations, la somme épargnée augmente rapidement. De plus, l'épargne collective :

  • donne de meilleurs rendements que l'épargne personnelle
  • offre des avantages fiscaux immédiats, grâce aux retenues salariales
  • a des frais de gestion préférentiels.

Bien connaître son régime de retraite est essentiel, mais pas chose facile. N'empêche qu'il est toujours bon de savoir où va notre argent. Prenez le temps d'examiner votre relevé de droits. Ça vaut la peine, et vous pourriez être surpris! Vous aurez peut-être besoin d'épargne supplémentaire. Les régimes publics sont, pour la plupart d'entre nous, insuffisants pour maintenir notre niveau de vie à la retraite.

La retraite, tout le monde va y arriver. Aussi bien profiter de tous les véhicules d'épargne disponibles pour s'assurer une retraite confortable.

Le message que l'on répète continuellement : épargner tôt, c'est payant! Mais est-ce vraiment si payant d'épargner tôt pour la retraite?

Oh oui! Et c'est grâce à l'intérêt composé!

Plusieurs exemples démontrent l'effet de l'intérêt composé. En voici néanmoins un particulièrement convaincant.

Voici les cas de Stéphanie et de Frédéric.

Stéphanie épargne 1 000 $ par année, dès l'âge de 25 ans, et ce, pendant 10 ans. Elle cesse d'épargner à 35 ans, mais laisse les intérêts s'ajouter à son capital. Son investissement total est donc de 10 000 $.

Frédéric commence à 40 ans à épargner 1 000 $ par année pendant 25 ans. Son investissement total est donc de 25 000 $.

En supposant un rendement de 5 %, Stéphanie aura accumulé 7 000 $ de plus à 65 ans que Frédéric. C'est la magie de l'intérêt composé! Stupéfiant, non?

La planification financière de la retraite est loin dans les priorités de plusieurs. Il est évident que c'est un exercice qui demande un gros effort. Comme le diraient les gens du marketing, ce n'est pas un sujet très sexy! Si on ajoute à cela le faible taux de rendement, alors là, toutes les planètes sont alignées pour qu'on laisse tomber.

Et pourtant, les taux d'intérêt ne devraient pas être un frein à l'épargne. Il y a plus d'une façon d'épargner pour la retraite.

On ne le dit pas assez : il n'est pas obligatoire d'épargner dans un REER ou un CELI en vue de la retraite.  Toutefois, vous pourriez choisir d'investir dans l'immobilier ou en bourse. L'important, c'est d'épargner!

Vous cherchez la bonne recette? Chaque cas est différent! Mais chose certaine, même si les taux d'intérêt ne sont pas au rendez-vous aujourd'hui, mieux vaut accumuler du capital maintenant. Quand ils seront de retour, vous pourrez maximiser vos revenus de placement.

Pas facile de s'y retrouver en planification financière de la retraite. Voici les 5 conseils qui vous aideront à planifier votre retraite :    

  1. N'épargnez pas à l'aveuglette. Planifiez régulièrement avec SimulR ou un outil de votre choix, surtout si votre revenu ou vos projets de retraite changent.
  2. Pour illustrer mon prochain conseil, voici un exemple. De 25 ans à 35 ans, Stéphanie épargne 1 000 $ par année. Frédéric, quant à lui, commence à 40 ans et cesse à 65 ans d'épargner la même somme annuelle. Stéphanie a donc investi un total de 10 000 $ et Frédéric, 25 000 $. À 65 ans, Stéphanie aura malgré tout accumulé 7 000 $ de plus que Frédéric, et ce, grâce à l'effet de l'intérêt composé. Stupéfiant, non? Mon deuxième conseil est donc, vous l'aurez deviné : épargnez tôt!
  3. Quand vient le temps d'épargner pour la retraite, privilégiez les placements enregistrés. À long terme, les placements enregistrés, comme le REER et le CELI, rapportent plus, en raison des avantages fiscaux qui leur sont associés. De plus, il est moins tentant d'utiliser le capital amassé à l'intérieur du REER à d'autres fins que la retraite, puisque les retraits sont imposables. 
  4. Si vous faites partie des chanceux qui ont un régime privé de retraite, vérifiez ce à quoi vous aurez droit une fois à la retraite. Assurez-vous que les sommes provenant de votre régime seront suffisantes pour vous permettre de maintenir votre niveau de vie. Sinon, prévoyez une épargne supplémentaire. Lisez attentivement votre relevé de droits : c'est une mine de renseignements.
  5. N'oubliez pas l'inflation! L'augmentation de l'indice des prix à la consommation doit être prise en compte lorsque vous faites votre planification financière de la retraite. Un litre de lait coûtera plus cher dans 15 ans. La plupart des outils de planification financière en tiennent compte.

Et on ne le dira jamais assez : si planifier votre retraite vous rebute ou vous effraie, des spécialistes sont là pour vous aider. Vous consultez un médecin pour un malaise; pourquoi ne pas rencontrer un planificateur financier pour trouver un remède à vos finances?

Avec le vieillissement de la population et l'augmentation prévue de l'espérance de vie, la gestion du risque de longévité devient un enjeu de plus en plus important. C'est pourquoi il est essentiel d'en évaluer les conséquences, tout particulièrement pour la planification de votre retraite! Mais, avant tout, il faut comprendre ce qu'est l'espérance de vie.

L'espérance de vie fournit une mesure du nombre moyen d'années restant à vivre, que ce soit à partir de la naissance ou à partir d'un âge donné. Elle peut être estimée selon 2 approches différentes :

  • l'approche la plus courante, celle dite transversale ou du moment, mesure la mortalité observée au cours d'une année ou d'une période donnée
  • l'autre approche, celle dite longitudinale ou par génération, évalue la mortalité d'un ensemble d'individus nés la même année (une génération) tout au long de son parcours de vie.

L'espérance de vie du moment

L'approche du moment permet de faire la synthèse des risques de décès auxquels a été exposée la population de tous les groupes d'âge au cours d'une même période. Cet indicateur facilite les comparaisons entre territoires ou périodes historiques. Il est l'une des données démographiques les plus couramment utilisées.

L'espérance de vie par génération

L'approche par génération représente la vraie mortalité d'une cohorte. Toutefois, pour connaître avec certitude l'espérance de vie d'une cohorte donnée, tous les membres de celle-ci doivent être décédés. Le calcul de cette espérance de vie est donc plus complexe et, surtout, il s'effectue rétrospectivement. L'approche par génération résume la mortalité d'un groupe d'individus nés la même année tout au long de son parcours de vie. Elle permet ainsi de tenir compte de l'amélioration de la survie dont les générations ont bénéficié, ou pourraient bénéficier, au cours de leur existence. C'est pourquoi on appelle aussi parfois cet indicateur l'espérance de vie avec amélioration. L'espérance de vie par génération est généralement supérieure de quelques années à l'espérance de vie du moment.

La planification financière de votre retraite

Un des défis de la planification financière de votre retraite est de savoir pendant combien d'années vous profiterez de ce moment tant attendu! L'espérance de vie à 65 ans fournit une bonne approximation du nombre moyen d'années que vous pourriez passer à la retraite et pour lesquelles il faut prévoir suffisamment de revenus.

Le tableau suivant illustre qu'au Québec, en 2016, l'espérance de vie à 65 ans était de 23,8 ans pour les femmes et de 21,0 ans pour les hommes. En 2065, elle sera de 26,5 ans pour les femmes et de 24,2 ans pour les hommes.

Espérance de vie (en années) des Québécois et des Québécoises à divers âges, avec réduction de mortalité après l'année indiquée

Hommes
Âge201620402065
60 ans25,627,828,8
65 ans21,023,124,2
70 ans16,618,519,6
75 ans12,714,215,2
80 ans9,310,311,0
90 ans4,54,75,0
100 ans2,32,42,6
Femmes
Âge201620402065
60 ans28,530,131,2
65 ans23,825,426,5
70 ans19,320,821,8
75 ans15,116,517,3
80 ans11,312,413,1
90 ans5,66,36,7
100 ans2,62,93,2

Il faut savoir que plus une personne vieillit, plus l'âge qu'elle peut espérer atteindre augmente. Ainsi, les gens ayant déjà survécu jusqu'à 65 ans peuvent compter parvenir, selon la table de mortalité du moment, à un âge plus élevé que leur espérance de vie à la naissance.

Selon les espérances de vie présentées dans le tableau précédent, un homme de 65 ans peut s'attendre à vivre encore jusqu'à 86 ans, alors qu'une femme de 65 ans peut espérer atteindre 89 ans.

La planification financière de votre retraite devrait donc au minimum prévoir des revenus jusqu'à ces âges. Une proportion importante de Québécoises et de Québécois sous-estiment leur propre espérance de vie.

Malheureusement, cette sous-estimation se reflète aussi souvent dans la planification financière de leur retraite.

La mesure de l'espérance de vie : un indicateur représentant l'ensemble de la population du Québec

Pouvoir vous fier à la mesure de l'espérance de vie faciliterait grandement la planification de votre retraite. Toutefois, les probabilités de survie démontrent qu'environ 50 % de la population québécoise vivra plus longtemps que l'espérance de vie et que plus d'une personne sur dix dépassera même cet indicateur de plus de 10 ans! Ces constats de longévité sont une bonne nouvelle seulement si vous avez planifié un revenu suffisant pour subvenir à vos besoins tout au long de votre retraite. Sinon, vous devrez absolument mettre en place des conditions pour faire face au risque financier lié à la longévité Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Le risque de longévité correspond au risque financier associé à la possibilité que vous viviez plus longtemps que prévu et que vous surviviez à votre épargne.

Prenons l'exemple de Chantale, qui atteindra 65 ans en 2020. Celle-ci s'est basée sur son espérance de vie pour planifier sa retraite de façon à conserver un revenu adéquat pendant 24 ans, soit jusqu'à environ 89 ans. Elle a donc suffisamment épargné pour maintenir son rythme de vie pendant une durée de vie moyenne. Ce qu'elle n'a pas réalisé, c'est qu'elle a environ une chance sur deux de manquer d'épargne! Pour être quasi certaine de ne pas se trouver dans cette situation, Chantale aurait dû mettre assez d'argent de côté pour se rendre jusqu'à 110 ans! C'est dire que la somme des actifs destinés à la retraite aurait dû être suffisante pour fournir des revenus pendant 45 ans! Vous comprendrez alors que l'épargne nécessaire pour supprimer complètement le risque de longévité est exorbitante.

Rassurez-vous, vous pouvez entreprendre plusieurs actions pour restreindre votre exposition à ce risque sans faire une multitude de concessions. En voici quelques-unes :

  1. Faire une planification adéquate de votre épargne pour la retraite

    • « Espérer le meilleur, mais se préparer au pire », voilà une méthode de prévention efficace pour tous les types de risques.
    • Il faut non seulement un plan d'accumulation de l'actif, mais également un plan de décaissement des sommes amassées.
    • Votre planification financière doit être respectée et ajustée au fur et à mesure que vos plans se concrétisent. En cas d'imprévu, il faut adapter rapidement la vitesse de décaissement de l'actif pour ainsi limiter l'ampleur des ajustements nécessaires au maintien de la période de décaissement prévue.
  2. Bien évaluer votre espérance de vie

    • N'oubliez pas que l'espérance de vie a augmenté au cours des dernières décennies; elle n'est plus nécessairement de 80 ans!
    • Utilisez l'espérance de vie dite longitudinale ou par génération ou avec réduction de mortalité après l'année indiquée afin de dresser un portrait réaliste.
    • Tenez compte de l'âge que vous avez atteint plutôt que de l'espérance de vie à la naissance, qui suppose des risques de décès à des âges que vous avez déjà dépassés. Il faut savoir que plus une personne vieillit, plus l'âge qu'elle peut espérer atteindre augmente.
    • Adaptez l'espérance de vie générale selon vos habitudes de vie et l'âge au décès des membres de votre famille. Il peut être raisonnable de penser vivre au moins 5 ans de plus que ses parents!
  3. Choisir le bon âge pour prendre votre retraite et pour obtenir le maximum des prestations

    • Le Régime de rentes du Québec (RRQ) et la pension de la Sécurité de la vieillesse (SV) vous permettent de reporter le début des versements et, ce faisant, d'obtenir des sommes plus élevées le reste de votre vie. Ainsi, vous recevrez ces rentes même si vous vivez encore 45 ans! Reporter le moment où vous demanderez ces prestations est donc un des moyens les plus efficaces de vous assurer un revenu minimal jusqu'à votre décès.
    • Plusieurs régimes complémentaires de retraite (RCR) permettent également de bonifier le montant des prestations en échange du report de la retraite.
    • Même pour l'épargne personnelle, retarder la retraite peut compenser un manque d'économies antérieures. Chaque mois de report prolonge la période d'épargne et diminue la période de décaissement. Certaines personnes peuvent améliorer grandement leur confort financier à la retraite en reportant celle-ci d'un an. Travailler une année supplémentaire peut vous paraître long, mais n'oubliez pas que vous pouvez prendre votre retraite graduellement en réduisant, par exemple, votre temps de travail.
  4. Convertir une partie de votre épargne en rentes viagères

    • Les compagnies d'assurance offrent, en échange d'une prime, des rentes viagères. Ces rentes représentent une somme fixe versée jusqu'au décès. Ainsi, elles éliminent le risque de longévité pour une partie de vos revenus.

Dans notre société, les prix des biens et des services ont tendance à augmenter chaque année. C'est ce qu'on appelle l'inflation. Celle-ci a une incidence directe sur votre pouvoir d'achat. Quand les prix augmentent, votre pouvoir d'achat diminue. À l'inverse, quand les prix diminuent, votre pouvoir d'achat augmente. Ainsi, pour maintenir celui-ci dans le temps, il faut tenir compte de l'inflation.

Pour mesurer l'inflation, on utilise habituellement l'indice des prix à la consommation (IPC), qui est établi par Statistique Canada à partir d'un panier de biens et de services. Grâce à cet indice, on peut estimer la variation moyenne du prix des biens en comparant leur prix d'une année à l'autre.

Par exemple, pour le Québec, l'IPC est passé de 129,7 à 132,6 entre juin 2018 et juillet 2019. On dira donc que l'inflation a été de 2,2 % ((132,6 – 129,7) ÷ 129,7 = 2,2 %). Généralement, elle varie de 1,0 % à 3,0 % par année.

Le tableau suivant vous permet de voir combien vous coûterait le maintien d'un pouvoir d'achat d'une valeur de 10 000 $ selon différents taux d'inflation et sur 3 décennies.

Somme à débourser pour des achats annuels de 10 000 $ selon le taux d'inflation et le nombre d'années
Taux d'inflation 10 ans 20 ans 30 ans
1,0 % 11 046 $ 12 202 $ 13 478 $
1,5 % 11 605 $ 13 469 $ 15 631 $
2,0 % 12 190 $ 14 859 $ 18 114 $
2,5 % 12 801 $ 16 386 $ 20 976 $
3,0 % 13 439 $ 18 061 $ 24 273 $

Ainsi, si vous dépensez 10 000 $ par année et que l'inflation est de 2,0 %, faire les mêmes achats dans 10 ans vous coûtera 12 190 $.

Au cours des 10 dernières années, le taux d'inflation annuel a toujours été inférieur à 3,0 %. Les spécialistes s'attendent généralement à ce qu'il se situe aux alentours de 2,0 % à long terme. Bien qu'il soit peu probable qu'il grimpe à 11 % comme en 1980, cela reste dans le domaine du possible.

Indexation annuelle des rentes du Régime de rentes du Québec

On parle d'indexation lorsqu'on rajuste une valeur à partir d'un indice ou d'un taux de référence. Habituellement, les revenus de retraite qui proviennent des économies personnelles ne sont pas indexés. Par conséquent, le pouvoir d'achat qu'ils procurent diminue avec le temps.

Par contre, les rentes versées par le Régime de rentes du Québec de même que la pension de la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti sont indexés en fonction de l'IPC. L'indexation des rentes vise à ce que les bénéficiaires conservent le même pouvoir d'achat au fil des années.

Le taux d'indexation des rentes du Régime correspond au rajustement, en pourcentage, de la somme versée aux bénéficiaires. Il est fixé en janvier en fonction de la moyenne de l'IPC établi d'après les données fournies par Statistique Canada, pour la période de 12 mois prenant fin le 31 octobre précédent. Cette moyenne annuelle correspond à l'indice des rentes du Régime de rentes du Québec.

Par exemple de 2018 à 2019, l'indice des rentes du RRQ est passé de 130,0 à 133,0. On dira donc que le taux d'indexation des rentes pour 2019 a été de 2,3 % ((133,0 – 130,0) ÷ 130,0 = 2,3 %). Cependant, si pour une année donnée, l'indice des rentes était inférieur à celui de l'année précédente (déflation), le montant des rentes demeurerait identique.

Taux d'indexation des rentes du Régime de rentes du Québec selon l'année
Année Taux d'indexation (en %)
2019 2,3
2018 1,5
2017 1,4
2016 1,2
2015 1,8

En bref

Le risque d'inflation est un élément important à considérer dans votre stratégie de décaissement. Une partie de votre épargne en vue de la retraite, par exemple votre pension de la Sécurité de la vieillesse et votre rente du Régime de rentes du Québec, est protégée contre ce risque. Pour le reste, pensez à économiser suffisamment pour contrer l'inflation et conserver votre pouvoir d'achat.  

Le risque de rendement est lié à l'incertitude des revenus de placement. En conséquence, il est nul si le revenu de placement est certain. Par exemple, si vous placez 10 000 $ sous votre matelas pendant un an, le rendement de votre placement sera assurément nul. Vous ne courez donc pas de risque de rendement par rapport à cet investissement. Par contre, si vous faites un placement de 10 000 $ qui pourrait vous donner des revenus de 500 $ ou de 1 000 $ après un an, il y a de l'incertitude sur le rendement de votre investissement, d'où la notion de risque de rendement. Ainsi, ce risque n'est pas seulement associé à une perte : il est lié aux variations possibles des revenus de placement.

Le risque de rendement est un élément important à considérer lors de la préparation de votre retraite. Effectivement, préparer financièrement sa retraite implique de mettre de l'argent de côté maintenant pour l'utiliser plus tard. Cet argent économisé est souvent investi dans des produits financiers qui permettent de complémenter l'épargne par des revenus de placement. Si vous avez planifié votre retraite en pensant que votre placement de 10 000 $ vous donnerait 1 000 $ et que vous recevez seulement 500 $, vous n'avez pas perdu d'argent, mais vous pouvez être en mauvaise posture!

Il y a 3 façons de gérer le risque de rendement : éviter le risque, le transférer ou le contrôler.

  1. Éviter le risque

    Pour éviter le risque de rendement, il vous suffit de ne pas investir votre épargne. Toutefois, cette solution ne vous donnerait aucun revenu de placement! Avez-vous vraiment les moyens de vous priver d'un tel revenu? Cela signifierait que vous devriez économiser encore plus pour atteindre le même objectif d'épargne.

    Investir son épargne en multiplie l'efficacité. Les revenus de placement permettent d'accumuler plus d'argent ou encore de faire durer son épargne plus longtemps au moment du décaissement. Il n'est donc pas recommandé d'éviter complètement le risque de rendement.

    Le tableau suivant montre pendant combien de temps il est possible de décaisser 1 000 $ par mois d'un capital initial de 120 000 $, selon différents taux de rendement annuels.

    Tableau : Période de décaissement maximale selon différents taux de rendement annuels

    • Un taux de rendement annuel de 1 % vous permet d'augmenter de 6 mois la durée de votre capital initial.
    • Un taux de rendement annuel de 5 % vous permet d'augmenter de près de 4 ans la durée de votre capital initial.
    • Les revenus de placement vous permettent d'accumuler plus d'argent ou de faire durer votre épargne plus longtemps lors du décaissement
    Taux de rendement annuel Durée d'un capital de 120 000 $ faisant l'objet d'un décaissement de 1 000 $ par mois
    0 %10,0 ans
    1 %10,5 ans
    2 %11,1 ans
    3 %11,9 ans
    4 %12,7 ans
    5 %13,8 ans
    Notez que...

    Un produit d'investissement garantissant un rendement sur une période prédéterminée, tel un certificat de placement garanti (CPG), permet d'éviter le risque de rendement seulement sur la durée du placement, soit 1 an, 2 ans, 5 ans... Par contre, la retraite et le décaissement doivent se planifier sur plusieurs années. Quand le CPG viendra à échéance, le taux de rendement du nouveau certificat que vous voudrez acheter ne sera pas nécessairement le même que celui de l'ancien. Les rendements futurs sont donc incertains.

  2. Transférer le risque

    Transférer le risque de rendement signifie qu'on utilise des véhicules d'épargne dans lesquels ce risque est assumé par quelqu'un d'autre que soi. Par exemple, le Régime de rentes du Québec (RRQ), qui couvre toutes les personnes travaillant au Québec, ne comporte pas de risque de rendement pour le participant ou la participante, car ce risque est supporté par l'ensemble de ceux et celles qui cotisent au RRQ. Participer à un régime de retraite d'employeur à prestations déterminées  est aussi un bon moyen de transférer le risque de rendement, car celui-ci est assumé par l'employeur. De plus, il est possible d'acheter une rente viagère (payable jusqu'au décès) auprès d'une compagnie d'assurance pour se protéger de ce risque lors du décaissement.

    Ces véhicules d'épargne ont aussi l'avantage de contrer :

    Ainsi, les sommes qui y sont investies réduisent grandement les risques liés à l'épargne-retraite. Toutefois, rappelez-vous que ces véhicules ne vous prémunissent pas contre le risque de liquidité Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. un aspect à considérer dans la planification financière de votre retraite.

  3. Contrôler le risque

    Tout le monde ne peut ni ne souhaite transférer le risque de rendement. Certains employeurs n'offrent pas de régime de retraite à prestations déterminées et certaines personnes préfèrent garder une partie de leurs actifs investis dans des véhicules d'épargne plus traditionnels pour mieux faire face au risque de liquidité. Dans ces circonstances, il est préférable de gérer le risque de rendement en le contrôlant.

    Pour ce faire, vous pouvez choisir le niveau de risque qui vous convient le mieux selon votre profil d'investisseur Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.. Une planificatrice financière ou un planificateur financier autorisé par l'Institut québécois de la planification financière Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. peut vous aider à déterminer votre profil, en plus de vous conseiller des investissements appropriés selon celui-ci. Notez toutefois que votre profil d'investisseur n'est pas statique : il évolue dans le temps. Ainsi, vous pourriez mieux accepter le risque de rendement si vous êtes plus jeune et qu'il vous reste 20 ans ou 30 ans avant la retraite. Cependant, ce risque pourrait vous sembler de moins en moins raisonnable au fur et à mesure que vous vous rapprocherez de la retraite ou que vous commencerez à décaisser vos fonds. Il est donc bon de revoir périodiquement son profil d'investisseur.

    De plus, pour mieux contrôler le risque de rendement, il est conseillé de diversifier ses investissements, c'est-à-dire de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier! En général, les obligations et les CPG présentent un moins grand risque de rendement, tandis que les actions ou les autres produits cotés en bourse sont plus risqués. Diversifier vos produits d'investissement vous permettra également d'obtenir un rendement plus stable.

En bref...

Le risque de rendement est inévitable, à moins que vous placiez votre épargne pour la retraite sous votre matelas! Toutefois, vous pouvez transférer ce risque, par exemple en retardant le moment où vous demanderez votre rente de retraite du RRQ ou de votre régime de retraite d'employeur à prestations déterminées, ou encore en achetant une rente différée auprès d'une compagnie d'assurance. Une autre façon de faire face à ce risque est de le contrôler en déterminant le niveau de risque avec lequel vous êtes à l'aise et qui convient à votre profil d'investisseur actuel.

Les objectifs et les stratégies de placement varient d'une personne à l'autre; à vous de vous fixer des objectifs qui vous conviennent et de planifier votre retraite avec les stratégies adaptées à votre situation. Enfin, n'oubliez pas qu'en plus d'utiliser les outils  de Retraite Québec, vous pouvez demander à des spécialistes, comme les planificatrices financières et les planificateurs financiers, de vous épauler dans l'atteinte de vos objectifs.

Le risque de liquidité est lié à votre capacité d'avoir des fonds disponibles pour satisfaire vos besoins à court terme. Par exemple, vous pourriez disposer d'une somme d'argent importante en placements pour répondre à vos obligations à long terme sans posséder les liquidités nécessaires pour subvenir à vos besoins immédiats. Dans un tel contexte, vous vous exposeriez à des pertes ou à un endettement obligé.  

Pendant la retraite, le risque de liquidité est étroitement associé à votre stratégie de décaissement des sommes que vous avez épargnées. Ce risque devient particulièrement important si vous misez sur un actif non liquide, comme votre maison, pour planifier vos revenus de retraite ou encore si vous survivez à votre épargne personnelle.

Comment vous protéger contre le risque de liquidité?

  1. Prévoyez une stratégie de décaissement de l'épargne destinée à la retraite
    et mettez-la en place

    Accumuler de l'épargne est un aspect très important de la planification financière de votre retraite. Toutefois, prévoir son décaissement est tout aussi essentiel!

    Une fois à la retraite, vous pourriez avoir besoin, certaines années, de revenus supplémentaires pour payer des dépenses comme l'achat d'une nouvelle voiture, la réparation de la toiture de votre maison ou encore le voyage dont vous rêvez depuis longtemps. Une bonne stratégie vous permettra de prévoir des retraits adéquats de votre épargne pour obtenir un niveau de revenu adapté à vos besoins, et ce, en tout temps! De plus, elle favorisera une gestion appropriée des autres risques liés à la retraite tels que :

    • le risque de longévité, soit la possibilité que vous surviviez à votre épargne
    • le risque d'inflation, qui peut impliquer une perte graduelle de votre pouvoir d'achat
    • le risque de rendement, soit l'incertitude associée à vos revenus de placement.
  2. L'âge auquel vous demanderez votre rente de retraite du Régime de rentes du Québec (RRQ) est un élément clé de votre stratégie parce qu'il peut avoir un effet sur chacun de ces risques.

    Comme la rente de retraite du RRQ est une somme mensuelle que vous recevrez jusqu'à votre décès, elle vous assure un revenu à vie. Ce revenu sera plus ou moins élevé selon l'âge auquel vous demanderez votre rente. Si vous attendez d'avoir entre 65 et 70 ans avant de le faire, le montant de celle-ci sera plus important. Cette augmentation de votre rente viagère du RRQ à la suite d'un report de votre retraite réduit le risque que vous épuisiez votre épargne personnelle si vous vivez plus longtemps.

    Par ailleurs, votre rente du RRQ est indexée annuellement, ce qui vous permet de conserver votre pouvoir d'achat année après année. Cette indexation vous fournit donc une protection contre l'inflation.

    Enfin, à titre de prestataire d'une rente du RRQ, vous n'avez pas à assumer le risque de rendement comme vous devez le faire pour vos autres véhicules d'épargne, tels que le régime enregistré d'épargne-retraite (REER) ou le compte d'épargne libre d'impôt (CELI). La rente du RRQ est donc très avantageuse à plusieurs égards.

  3. Constituez-vous un « coussin » en cas d'événements imprévus

    Même si le décaissement de votre épargne pour la retraite est réglé au quart de tour, des événements inattendus peuvent survenir. C'est pourquoi vous devriez conserver une somme d'argent que vous n'utiliserez qu'en cas d'imprévu. L'ampleur de ce « coussin » variera selon le degré de sécurité que vous désirez et votre capacité financière. Si vous le souhaitez, vous pouvez investir cette somme pour obtenir des revenus de placement, mais vous devrez toujours être capable de la retirer en cas de besoin.

  4. Conservez une portion appropriée de votre avoir dans des placements liquides

    Il est judicieux d'investir une partie de votre épargne dans des placements liquides qui permettent un décaissement en tout temps avec peu ou pas de pénalités. Cependant, ce type de placement procure généralement un rendement moins élevé; il est donc recommandé de diversifier les véhicules d'épargne.

    Dans le cas des placements à terme, vous pourriez les répartir pour qu'ils viennent à échéance à différents moments. Vous aurez alors régulièrement accès à des revenus. Si vous ne les utilisez pas, vous pourrez les réinvestir pour bonifier votre épargne destinée à la retraite.

  5. Utilisez des produits spécialisés adaptés à vos besoins

    Vous avez une maison et vous songez à utiliser cet actif pour financer votre retraite? Plusieurs options s'offrent à vous :

    • vous pouvez réduire la surface que vous habitez en louant une section de votre résidence, ce qui vous fera un revenu d'appoint
    • vous pouvez vendre votre maison. Attention, cela pourrait prendre un certain temps et vous amener à accepter une offre à perte. Vous devrez aussi prévoir un nouveau logement dont il faudra évaluer les coûts
    • vous pouvez conclure un arrangement avec votre établissement financier pour encaisser une partie de la valeur de la maison tout en continuant de l'habiter. Ce type de produit permet de compenser le manque de liquidité des actifs immobiliers. Assurez-vous que les frais et l'intérêt que vous devrez payer ne sont pas trop élevés. De même, examinez bien les exigences liées à un tel produit.

    Vous ne dépenserez pas nécessairement d'un coup les sommes dégagées par la vente de votre maison ou par des produits spécialisés comme l'hypothèque inversée. Si des revenus supplémentaires sont générés, il vous faudra en planifier l'impact fiscal.

Dans un rapport publié en 2010, le Groupe de travail sur la littératie financière du Canada proposait la définition suivante : « [...] la littératie financière est le fait de disposer des connaissances, des compétences et de la confiance en soi nécessaires pour prendre des décisions financières responsables. » Question Retraite, organisme à but non lucratif voué à la promotion de la sécurité financière à la retraite, a réalisé au cours des 10 dernières années de nombreux sondages qui permettent d'avoir une image plutôt sombre du degré de littératie financière chez les Québécois. Voyons ce qui en est en reprenant chacun des éléments de cette définition.


Les Québécois se pensent connaisseurs, et pourtant...

La connaissance est la pierre angulaire de la littératie financière. Il est pourtant difficile d'amener les gens à s'informer sur la planification de la retraite, plus particulièrement lorsqu'ils sont jeunes et que cette perspective leur semble encore loin. La difficulté est d'autant plus grande qu'une part importante de la population considère avoir suffisamment de connaissances en la matière. Et pourtant, les données suivantes contredisent souvent cette croyance. Ainsi :

  • 14 % des personnes de 25 ans et plus non retraitées sont incapables de nommer une source de revenu possible à la retraite. La source la plus souvent mentionnée, le régime enregistré d'épargne-retraite (REER), ne l'est que par 55 % des gens.
  • 45 % des travailleurs de 25 à 44 ans n'ont pas d'idée du montant qu'il leur faudrait épargner pour maintenir leur niveau de vie à la retraite.
  • 34 % seulement des travailleurs de 40 ans ou plus connaissent approximativement le revenu annuel dont ils pourront bénéficier à la retraite.

Les Québécois se disent peu compétents en matière de finances

Même s'ils pensent en savoir suffisamment sur la planification financière de la retraite, plusieurs Québécois ne se sentent pas suffisamment compétents en matière de finances. En effet, seulement 44 % des travailleurs de 25 ans ou plus croient avoir la compétence nécessaire pour planifier par eux-mêmes leur retraite. Et, sur l'ensemble des gens sondés, moins de la moitié disent avoir déjà consulté quelqu'un pour avoir des conseils.

Par ailleurs, les Québécois de 25 ans ou plus sont prêts à remettre entre les mains des autres leur responsabilité à l'égard de leur sécurité financière à la retraite. La moitié seulement considèrent être eux-mêmes les principaux responsables de leur sécurité financière à la retraite. Cette responsabilité est attribuée au gouvernement par 39 % des gens, et 11 % y voient plutôt une responsabilité de l'employeur.


Les parents, une source d'information importante

Les connaissances et la compétence devraient normalement contribuer à forger la confiance en soi, troisième élément de la définition de la littératie financière. Les sondages réalisés montrent cependant qu'un autre facteur peut avoir une grande importance : les parents. Ils sont en effet la première source d'influence sur le comportement futur en matière de finances. Dans les faits, si les spécialistes, conseillers, médias et autres sources d'information ont leur utilité pour guider les gens à prendre les bonnes décisions et à faire les bons choix, ce sont les parents qui, par leurs propres comportements, incitent leurs enfants à poser des gestes concrets en matière de planification financière. Pourtant, ils hésitent à parler finances avec leurs enfants. Un cinquième des travailleurs âgés de 25 ans à 64 ans affirment que leurs parents discutaient souvent devant eux de questions d'argent ou de finances personnelles. Malgré tout, pour 21 % des gens, ces conversations n'arrivaient qu'occasionnellement.

La situation semble toutefois évoluer dans la bonne direction : parmi les 55-64 ans, 43 % disent que leurs parents n'abordaient jamais de telles questions devant eux; cette proportion n'est que de 19 % chez les 25-34 ans.


Comportements à risques dus à une surévaluation des connaissances

Une proportion non négligeable de Québécois sont toujours inconscients des risques liés à certains comportements et semblent peu renseignés sur la réglementation en place destinée à protéger la population.

En effet, plus de 40 % des travailleurs de 25 à 64 ans considèrent moyennement ou peu risqué le fait d'investir par soi-même. Bien sûr, certaines personnes sont effectivement en mesure de le faire, mais les constats précédents sur les connaissances et les compétences sèment un doute sur ces capacités.

Devant une offre de rendement exceptionnellement élevé garanti sur un placement, plus de la moitié des gens disent qu'ils s'informeraient davantage sur cette offre et 1 % affirment qu'ils sauteraient sur l'occasion avant qu'elle ne s'envole. Si 1 %, ça semble peu, reporté sur près de 4 millions de travailleurs, c'est tout de même potentiellement 40 000 personnes flouées.


Constat : la sensibilisation à la planification financière de la retraite a sa place

Il reste donc difficile de faire adopter aux gens un comportement préventif en matière de planification financière. Le pourcentage de gens qui n'ont aucun objectif de revenu à la retraite stagne depuis 10 ans autour de 70 %. Moins de 40 % des travailleurs de 25 à 64 ans disent faire passer l'épargne en premier, pour ensuite dépenser ce qui reste, alors que 58 % font le contraire. Malgré tout, les Québécois restent majoritairement optimistes et confiants au sujet de leur retraite.

Les messages éducatifs ont donc toujours leur place auprès des Québécois, mais le grand défi consiste à trouver le moyen pour qu'ils soient écoutés.

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